Comparatif
Coutelia ou le tableur de prix fait maison, que choisir
Presque toutes les artisanes qui nous écrivent arrivent avec un classeur. Ce n’est pas un mauvais outil : il est gratuit, il fait exactement ce qu’on lui demande, et il a permis de poser les premiers prix de la gamme. Le point de bascule n’est pas la qualité du calcul, c’est le nombre de références multiplié par le nombre de canaux. Cette page compare les deux façons de faire sur les gestes que vous répétez à chaque hausse de fournisseur.
Le comparatif poste par poste
| Critère | Coutelia | le tableur de prix fait maison |
|---|---|---|
| Hausse du prix du grès chez le fournisseur | Une seule saisie dans la fiche matière, toutes les références suivent | Une colonne à corriger dans chaque onglet, gamme par gamme |
| Taux de perte, chutes et prototypes | Déclarés une fois par gamme, appliqués à toutes les pièces | Une formule à recopier, souvent oubliée sur les lignes ajoutées |
| Temps invisible | Réparti sur le volume vendu, pas sur le volume fabriqué | Rarement présent, faute de savoir sur quelle ligne le poser |
| Cotisations sur le montant encaissé | Retirées avant l’affichage du prix plancher | Calculées à part, souvent après la décision de prix |
| Comparaison des cinq canaux de vente | Cinq colonnes côte à côte pour la même pièce | Un onglet par canal, à maintenir en parallèle |
| Frais réels des salons et des plateformes | Bibliothèque préremplie et datée, corrigeable avec vos factures | À chercher soi même, puis à ressaisir chaque saison |
| Repérage des pièces sous le plancher | Liseré vert olive sur toute pièce vendue sous son plancher | Une mise en forme conditionnelle, si elle a été posée un jour |
| Historique des révisions de prix | Chaque prix conservé avec la raison de sa révision | Le fichier de l’an dernier, s’il n’a pas été écrasé |
| Argumentaire de hausse pour les clientes | Page d’explication chiffrée, à adapter à votre voix | À rédiger de zéro, le soir de la décision |
| Coût direct mensuel | 19 à 49 euros toutes taxes comprises selon la formule | Rien, sauf vos dimanches de mise à jour |
Le classeur ne tombe jamais en panne, il vieillit
Un tableur de prix commence toujours bien. Deux gammes, quinze références, une colonne matières, une colonne temps, un coefficient au bout de la ligne. Puis un marché s’ajoute, une boutique demande un dépôt vente, une place de marché est ouverte pour l’hiver, et chaque nouveauté crée un onglet. Au bout de deux saisons, il existe une version sur l’ordinateur, une version envoyée par courrier électronique à une amie, et une troisième que personne n’ose supprimer.
Le classeur n’a pas cessé de fonctionner, il a cessé d’être fiable. Les formules qui vivent encore dans les premières lignes ne descendent plus jusqu’aux dernières, le taux de perte a été posé sur une gamme et jamais sur les deux suivantes, et le prix affiché sur la boutique en ligne ne correspond plus tout à fait à celui du fichier. C’est ce décalage silencieux qui coûte, pas le tableur lui même.
Le vrai coût du tableur, c’est la révision de prix
Le coût d’un classeur ne se mesure pas au moment où on le crée, mais au moment où le fournisseur augmente. Un prix de bobine qui change oblige à rouvrir chaque onglet, à retrouver les références concernées, à recopier une formule, puis à vérifier que rien n’a sauté. Les artisanes que nous accompagnons comptaient environ trois heures par mois sur ce travail de reprise, presque toujours le dimanche, et presque toujours à un moment où l’atelier aurait mieux valu.
Dans une fiche produit reliée à une bibliothèque de matières, la même hausse se saisit une fois. Les références qui utilisent cette matière se recalculent ensemble, le plancher bouge, l’alerte se déclenche sur celles qui passent en dessous, et l’historique enregistre la raison du changement. Le temps gagné n’est pas le vrai gain : le vrai gain, c’est que la révision est faite tout de suite plutôt que reportée à la prochaine accalmie.
Ce qu’un classeur ne fait pas tourner, les cinq canaux
Comparer cinq canaux dans un tableur suppose de reproduire, pour chaque référence, le prix public, la commission, les frais fixes, puis les cotisations calculées sur ce qui est réellement encaissé. C’est faisable, et quelques artisanes le font très bien. Mais cela multiplie les colonnes par cinq et les occasions d’erreur d’autant, surtout sur le dépôt vente, où la commission réduit l’encaissement avant que les cotisations ne s’appliquent.
C’est précisément l’endroit où le classeur se trompe le plus souvent, et l’erreur ne se voit pas : elle fait apparaître une marge positive là où il y a une perte de deux euros par pièce. Une céramiste croyait le dépôt vente sa meilleure ligne. Le tableau par canal a montré une perte sur chaque bol déposé à quarante pour cent de commission. Elle a renégocié à trente pour cent avec deux boutiques et arrêté avec la troisième.
Quand l’alternative reste le bon choix
Si vous tenez une seule gamme, une dizaine de références et un ou deux canaux de vente, un classeur bien construit fait le travail et ne vous coûte rien. C’est aussi le bon outil quand vos matières sont stables, quand vous aimez sincèrement les formules, et quand vous avez déjà pris la peine d’y poser un taux de perte et une ligne de temps invisible. Tant que la révision de prix vous prend moins d’une heure, changer d’outil serait une dépense sans contrepartie.
Le verdict
Le tableur reste un excellent point de départ et un mauvais outil de saison. Le basculement se produit vers trois canaux et quarante références, quand chaque hausse de fournisseur déclenche une soirée de reprise et que le doute s’installe sur les chiffres affichés en boutique. Coutelia ne calcule rien que vous ne sachiez calculer, il garantit seulement que les quarante références bougent ensemble et que rien ne reste en retard.
Questions frequentes
- Puis je récupérer mon classeur existant dans Coutelia ?
- Vous ne l’importez pas tel quel, mais vous n’avez pas non plus à tout ressaisir. Les matières se saisissent une fois, au conditionnement d’achat de votre facture, et ce sont elles qui représentent l’essentiel du travail. Comptez environ vingt deux minutes pour une première gamme complète, puis moins de dix minutes pour les suivantes puisque les matières sont déjà en place.
- Est ce que je peux continuer à exporter en tableur ?
- Oui, et c’est prévu dès la première formule. Le tableau des coûts, la grille de prix et l’historique des révisions partent en un fichier tableur lisible par n’importe quel cabinet comptable. Beaucoup d’artisanes gardent d’ailleurs un export mensuel de côté, par habitude, et parce que la synthèse sert au rendez vous en chambre de métiers.
- Et si j’arrête l’abonnement, je perds mes calculs ?
- Non. Vous exportez l’intégralité de vos fiches, de vos grilles de prix et de votre historique avant ou après l’arrêt, et l’accès aux exports reste ouvert trente jours après la dernière échéance réglée. Vous retrouvez donc exactement ce que vous aviez avec un classeur, matières et postes de coût compris, sans avoir à reprendre un abonnement.
Coutelia ou le tableur de prix fait maison, que choisir
Le tableur reste un excellent point de départ et un mauvais outil de saison. Le basculement se produit vers trois canaux et quarante références, quand chaque hausse de fournisseur déclenche une soirée de reprise et que le doute s’installe sur les chiffres affichés en boutique. Coutelia ne calcule rien que vous ne sachiez calculer, il garantit seulement que les quarante références bougent ensemble et que rien ne reste en retard.