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Que vérifier dans un contrat de dépôt vente avant de confier vos pièces à une boutique ?

Publié le Mis à jour le 10 minutes de lecture Signé Jimenez Julien

Une boutique vous propose de prendre vos pièces en dépôt vente, et la commission annoncée semble raisonnable. Ce sont pourtant les clauses secondaires qui décident de votre marge et de vos risques: prix imposé, soldes, casse, durée, retour des invendus. Voici la liste complète à cocher avant de signer et de charger vos cartons.

Créatrice remettant un carton de pièces à la gérante d’une boutique, un bon de dépôt papier posé sur le comptoir en bois clair

Six clauses décident de tout, et le taux de commission n’est que la première: la base sur laquelle il se calcule, qui fixe le prix affiché en vitrine, sous quel délai vous êtes réglée, qui supporte la casse, combien de temps vos pièces restent en boutique et qui paie leur retour. Vérifiez ces six points avant de charger vos cartons, le reste se négocie.

Un dépôt vente n’est pas une vente à une revendeuse. Vos pièces restent à vous jusqu’à ce qu’une cliente les achète, et la boutique les garde pour votre compte. C’est cette différence, posée par les articles 1915 et suivants du code civil relatifs au contrat de dépôt, qui rend certaines clauses négociables et d’autres franchement discutables.

Avant le rendez vous: savoir ce que vous pouvez accepter

Connaître votre prix plancher pièce par pièce

On ne négocie pas une commission sans connaître son coût de revient par pièce. Sinon la discussion se joue sur le ressenti, et le ressenti perd toujours face à une gérante qui, elle, connaît sa marge au centime.

Arrivez avec une feuille par référence: coût de revient complet, prix plancher, prix conseillé. Une trousse doublée en toile enduite qui vous coûte 19,50 euros à produire, temps de coupe et de finition compris, ne se discute pas de la même façon selon qu’elle est affichée 39 ou 45 euros en vitrine.

Calculer la commission maximale supportable

Le calcul est court. Le taux maximal théorique vaut le prix public moins votre prix plancher, divisé par le prix public. Sur cette trousse affichée 45 euros, cela donne un peu moins de 57 pour cent, mais ce chiffre ne vous laisse rien: à ce taux, vous travaillez à l’équilibre exact.

Notez aussi ce que vous refusez à l’avance: un taux au dessus de votre plafond, une exclusivité géographique non rémunérée, un prix public imposé sous votre prix conseillé. Décider au comptoir, carton sur le bras, ne donne jamais un bon contrat.

Les clauses qui décident de votre marge

Taux de commission et base de calcul

Deux boutiques annonçant 40 pour cent ne prennent pas la même chose. La question à poser tient en une phrase: la commission porte t elle sur le prix public affiché, ou sur le prix hors taxes une fois la boutique redevable de la TVA ? Faites écrire la base de calcul et un exemple chiffré sur une de vos références.

Vérifiez aussi si la commission augmente par paliers de volume, si elle diffère selon les gammes, et si des frais annexes s’ajoutent: participation à une vitrine, forfait de mise en rayon, contribution à une opération commerciale. Chacun de ces postes se retranche de votre marge, exactement comme la commission.

Prix public conseillé, remises et soldes de la boutique

Qui décide du prix affiché ? Vous pouvez conseiller un prix public, et il est de bonne pratique qu’il soit cohérent avec le vôtre. Une boutique reste toutefois libre de fixer son prix de revente, et une clause qui le lui imposerait strictement est fragile.

Le vrai sujet est ailleurs: si la boutique consent une remise ou solde vos pièces, sur quelle somme la commission se calcule t elle, et qui absorbe la baisse ? Faites écrire que toute remise supérieure à un seuil convenu suppose votre accord écrit, ou que la commission se calcule alors sur le prix public initial.

Délai et modalités de règlement

C’est souvent la clause la plus coûteuse, et la moins lue. Un règlement mensuel des ventes du mois écoulé n’a rien à voir avec un règlement trimestriel: entre les deux, ce sont plusieurs mois de matières que vous avancez.

Faites préciser la périodicité, la date, le mode de paiement et le document qui accompagne le virement. Et vérifiez le sens de la facturation: dans la plupart des contrats, vous facturez vos pièces vendues, la boutique vous facture sa commission, ou le relevé fait office de compte entre vous.

ClauseLa question à poserCe qui vous protège
Taux de commissionSur quelle base exactement ?Un exemple chiffré écrit au contrat
Prix affichéQui le fixe, et jusqu’où peut il bouger ?Accord écrit au delà d’une remise convenue
RèglementQuand, comment, avec quel justificatif ?Périodicité mensuelle et relevé détaillé
Frais annexesY a t il autre chose que la commission ?Liste fermée des frais dans le contrat

Les clauses qui décident de vos risques

Propriété des pièces jusqu’à la vente

Écrivez la phrase noir sur blanc: les pièces déposées restent votre propriété jusqu’à leur vente à la cliente finale. Le code civil fait du dépositaire un gardien qui doit conserver la chose déposée et la restituer en nature, et le contrat combine souvent ce dépôt avec un mandat de vente au sens de l’article 1984 du code civil.

Cette clause n’est pas une formalité: elle décide de ce qui se passe si la boutique cesse son activité alors que votre stock est en rayon. Les textes se consultent sur Legifrance, le service public de la diffusion du droit.

Casse, vol, dégradation et assurance

Un bol ébréché par une cliente, une pièce textile tachée en vitrine, un cambriolage: qui paie, et à quelle valeur ? Trois questions suffisent. La boutique est elle assurée pour les biens confiés en dépôt ? À quelle valeur les pièces sont elles couvertes, prix public ou prix qui vous revient ? Que se passe t il en cas de disparition sans explication ?

Demandez une attestation d’assurance et gardez en copie. Sans elle, la clause qui vous rassure ne vaut que par la solvabilité de votre interlocutrice.

Durée du dépôt et reprise des invendus

Un dépôt sans terme est un stock immobilisé. Fixez une durée, trois ou six mois selon votre rythme de production, avec reconduction expresse plutôt que tacite: à l’échéance, on refait le point ensemble.

Réglez aussi le retour: sous quel délai les invendus vous sont ils rendus après votre demande, dans quel état, et qui paie le transport. Un aller retour de deux cartons de céramique peut effacer la marge d’un trimestre.

Les documents à établir des deux côtés

Bon de dépôt numéroté et inventaire signé

Chaque dépôt donne lieu à un bon numéroté, daté, signé par vous et par la boutique, en deux exemplaires. Il porte pour chaque référence: le code, la désignation, la quantité, le prix public conseillé et la somme qui vous revient après commission.

État des pièces et photographies datées

Ajoutez une colonne d’état et prenez des photographies au moment du dépôt, cartons ouverts sur le comptoir. Cinq minutes qui règlent d’avance toute discussion sur une ébréchure ou une couture, et qui vous servent aussi de mémoire visuelle de ce que vous avez déposé où.

Relevé de ventes et facture de commission

Le relevé doit permettre de rapprocher chaque pièce vendue de son règlement: référence, date de vente, prix encaissé, remise éventuelle, commission, net à payer. Un total global sans détail ne se vérifie pas.

La facturation entre professionnelles obéit à des mentions obligatoires, posées par l’article L. 441-9 du code de commerce, et la mention à porter sur vos factures en franchise en base de TVA en fait partie. Le détail des mentions figure sur le portail Entreprendre du service public.

La liste à cocher avant de signer

  1. Vérifiez que le contrat porte le mot dépôt et non vente ferme.
  2. Faites écrire que les pièces restent votre propriété jusqu’à la vente finale.
  3. Notez le taux de commission et la base exacte de son calcul.
  4. Exigez un exemple chiffré sur une de vos références, annexé au contrat.
  5. Listez tous les frais annexes possibles, et fermez cette liste.
  6. Fixez le prix public conseillé référence par référence.
  7. Encadrez les remises et les périodes de soldes appliquées à vos pièces.
  8. Arrêtez la périodicité de règlement et la date de virement.
  9. Demandez le modèle de relevé de ventes qui accompagnera chaque règlement.
  10. Réclamez l’attestation d’assurance couvrant les biens confiés.
  11. Précisez la valeur retenue en cas de casse, de vol ou de disparition.
  12. Fixez la durée du dépôt et le mode de reconduction.
  13. Réglez le délai de reprise des invendus et qui paie le transport de retour.
  14. Prévoyez les conditions de résiliation de part et d’autre, avec préavis.
  15. Repartez avec un exemplaire signé et le bon de dépôt du jour.

Une règle de prudence tient tout le reste: aucune signature le jour même si une clause reste floue. Une boutique sérieuse comprend qu’on relise chez soi, et deux jours de réflexion n’ont jamais fait perdre un partenariat.

Après la signature: le suivi mensuel qui évite les surprises

Le point de stock mensuel

Demandez chaque mois, par écrit, le relevé des ventes et l’état du stock restant. Comparez ligne à ligne avec votre inventaire de dépôt: c’est le seul moyen de repérer une pièce vendue non déclarée, une remise non signalée ou une référence égarée en réserve.

Repérez au passage les références qui dorment. Une pièce sans une seule vente en trois mois n’est pas forcément mauvaise: elle est peut être mal placée, mal éclairée, ou en décalage avec la clientèle de cette boutique. C’est une information de gamme, pas un jugement sur votre travail.

Quand récupérer ses pièces

Quatre signaux justifient de reprendre vos pièces avant le terme convenu: deux relevés de suite non transmis malgré une relance écrite, un retard de règlement inexpliqué, des remises appliquées sans votre accord, ou un stock visiblement déplacé en réserve. Faites votre demande par écrit, avec une date.

Avant chaque nouveau dépôt, reprenez vos chiffres: c’est exactement la démarche suivie par cette céramiste qui a rechiffré sa gamme entière avant la saison de fin d’année, et l’occasion de vérifier que vos prix n’ont pas glissé, comme le montrent les erreurs de prix qui grignotent le revenu horaire des créatrices.

Un contrat de dépôt vente bien lu vous protège. Une grille chiffrée vous fait signer sereinement. C’est ce que prépare Coutelia, qui calcule votre prix plancher et votre marge par canal de vente, avec la commission maximale supportable par référence et la grille revendeuse à emporter en rendez vous. Demandez une démonstration sur vos pièces déposées, ou un devis pour votre gamme complète.

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Décrivez ce que vous fabriquez et où vous vendez : la réponse arrive sous un jour ouvré, avec un premier ordre de grandeur de prix plancher pour une de vos pièces.

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